Voyager en Chine

Ce pays nous a donné le vertige c’est pourquoi nous commençons par quelques repères utiles :

La Chine, c’est deux fois l’Union Européenne en superficie, près de 3 fois en population. Dans ce pays nous avons parcouru près de 6500 km dont plus de 1500 en stop. Son PIB est environ 1500 fois celui du Kirghizstan, précédent pays traversé, et il s’accroît de près de 8% par an (2013). Chaque année, 8% de la société chinoise change, se renouvelle, évolue ! 

C’est aussi le pays le moins bien classé de la TransAsiatique pour la liberté de la presse par RSF (ce qui n’est vraiment pas peu dire… avec une place mondiale de 175° sur 180…), et qui figure dans le groupe de tête des « Ennemis d’Internet » publié également par RSF, avec notamment 75 militants du web actuellement en prison. C’est également de loin notre pays traversé où les inégalités de richesses sont les plus marquées, les 10% les plus riches étant vingt fois riches que les 10% les plus pauvres.

Pour compléter la lecture de « Voyager en Chine », n’oubliez pas d’aller faire un tour vers « Voyager chez les Tibétains » !

* Les 10 choses qui nous ont le plus marqués

– Un mois en Chine, et on n’a pas aperçu un seul nem. Le choc.

– Les distances, synonyme de temps passé dans les transports (une pensée émue pour nos 28 heures de bus entre Kashgar et Urumqi, le tout pour parcourir 1000 km sur une autoroute flambant neuve…).

Quitte à faire du tourisme en Chine, autant le faire avec des touristes chinois ! (Gorges du Saut du Tigre)
Quitte à faire du tourisme en Chine, autant le faire avec des touristes chinois ! (Gorges du Saut du Tigre)

– La chaleur de l’accueil : que ce soient les touristes qui nous ont pris en stop, les gens rencontrés par hasard qui nous ont proposé leur aide ou les hôtes qui nous ont accueillis via CouchSurfing, ont tous été formidables. Les Chinois ont à cœur de donner la meilleure image possible de leur pays, et en tant que visiteurs, on apprécie !

– Le gigantisme des villes chinoises et de leurs tours d’habitation (même si beaucoup sont vides en raison d’une spéculation immobilière effrénée). La Chine a connu à l’aube du XXI° siècle, ce qui est semble-t-il le plus vaste mouvement d’exode rural de l’humanité.

– La sérénité des petites villes et villages ruraux du Yunnan et leurs rizières étagées ou non parsemées de mini-autels bouddhistes, taoïstes ou confucianistes avec leurs offrandes (riz, fruits…), parcourues par les paysans paniers de roseaux au dos et chapeaux coniques sur la tête.

– Des minorités ethniques comme les Baï et les Naxi (peuples birmano-tibétains), qui affichent un patrimoine culturel complètement dépaysant (notamment l’architecture pour les Baï, découverte à Xizhou, et l’écriture dongba et la société matriarcale pour les Naxi, découverte à Lijiang et dans les Gorges du Saut du Tigre).

– Les forêts de bambous du Sichuan.

– Les cérémonies de la rentrée des classes, ou comment rassembler tous les élèves en uniforme d’une école selon une succession de formations chorégraphiées au millimètre, discours se succédant de la part des responsables d’établissement et de quelques élèves triés sur le volet. Le tout sous les yeux admiratifs des parents entassés contre la grille. On croyait assister à la cérémonie d’ouverture des mondiaux d’athlétisme qui se tenaient au même moment à Pékin !

Une revue de bataillon lors d'un événement de commémorations ? Non, juste une rentrée scolaire comme les autres...
Une revue de bataillon lors d’un événement de commémorations ? Non, juste une rentrée scolaire comme les autres…

 

– Comme tout ce qu’on achète est fabriqué sous nos yeux. Nous n’y sommes plus habitués dans nos sociétés occidentales, mais comme c’est appréciable de voir le vendeur de souvenirs marteler et ciseler les coupelles, broder ses écharpes ou assembler ses breloques sur le seuil du magasin, ou le cuisinier d’une gargote fabriquer en un tournemain des nouilles parfaites pour deux grands bols à partir d’un pâton.

– Le prix des visites… Difficile de trouver un site en-dessous des 100 yuans, que ce soit parc national, ville historique, monument… Pensez à amener votre carte étudiante !

* Nourriture

Impossible de vous rendre dans cet article de la diversité infinie des petites merveilles de la science culinaire chinoise ! Chaque restaurateur a ses petits secrets, son dosage d’épices, sa friandise, en fonction des styles de cuisine bien différents d’une province à l’autre ! Voici donc un petit échantillon de ce que nous avons pu découvrir :

À ne pas manquer : le riz au miel des Ouyghours dans le Xinjian !
À ne pas manquer : le riz au miel des Ouyghours dans le Xinjian !

– Le riz gluant dans sa feuille, à déguster avec du miel, délicieux stand de rue chez les Ouyghours du Xinjian

– La glace fraîche confectionnée en direct chez ces mêmes Ouyghours

– Le poulet aux cacahuètes du Sichuan, seul plat de cette province « raisonnablement » épicé, un délice. De manière générale l’utilisation de cacahuètes rôties dans les plats est excellente (on se souvient de magnifique nouilles à Xizhou que nous sommes allés goûter au moins quatre fois pour être sûrs que c’était bon).

– Les fondues (Sichuan) : tremper vos brochettes de viande, légumes ou crustacés dans une marmite d’huile pimentée bouillante (à moins que ce ne soit du piment huilé). Trop violent pour nous même dans la version « pou-la » (sans épices…), mais à tester :)

– Les fruits exotiques : mangues, litchis, langhans, excellents mais attention, vous les paierez 3 à 5 fois le prix si vous ne marchandez pas ! Il y a également profusion de bonnes bananes pour peu cher.

– Les pousses de bambous : on adore !

– Les galettes feuilletées frites fourrées au sucre, aux fruits (Sichuan) ou à la confiture de rose (Yunnan), ou dans sa version légère suintante d’huile de friture à la viande + œufs + saucisse (c’est pas de la viande, les enfants les dégustent à la sortie de l’école comme des sucettes…) + chou. En fonction de la quantité d’huile, peut être délicieux !

– La confiture de rose est une spécialité du nord-ouest du Yunnan que nous avons découverte avec émerveillement. Elle est utilisée dans les pâtisseries ou pour aromatiser de l’eau chaude par exemple. Il existe également de l’alcool de rose (goûté aussi évidemment), bien agréable.

Et hop, un petit gâteau à la confiture ne fait jamais de mal :D
Et hop, un petit gâteau à la confiture ne fait jamais de mal :D

 

– Attention aux petits bonbons en vente partout dans leur emballage artificiel et souvent distribués dans des opérations promotionnelles : vous n’êtes pas à l’abris de croquer à pleines dents dans un morceau de foi de poulet séché. Ça peut surprendre.

– Les nouilles de riz, blanches, un brin gélatineuses, moins goûtues que les nouilles de blé, tout est dans l’accompagnement. Également disponible en gros cubes de pâte : se concentrer sur l’aspect nutritif et faire abstraction du non-goût.

– Le tofu bien sûr, utilisé très couramment et très diversement.

– Le chou chinois est également omniprésent et relève légèrement nombre de plats tout en apportant une touche de verdure dans ce monde lipido-glucidique !

– Les préparations mijotés à base de champignons (Yunnan), on en raffole !

* Budget

Question transport, nous avons renoncé au stop en Chine (excepté dans la partie tibétaine) en raison d’un temps limité pour des distances sans limites et de la taille des villes (quand il faut deux heures en bus pour rejoindre à pieds un échangeur d’autoroutes qui ressemble à ça, ça dissuade)

Exemple d'échangeur en Chine : pas idéal pour le stop à la sortie d'une grande ville !
Exemple d’échangeur en Chine : pas idéal pour le stop à la sortie d’une grande ville !

 

À souligner tout de même l’expérience de Xiaguan (Dali), agglomération (secondaire pour la Chine) d’environ 3 000 000 d’habitants, où nous avons été pris par un couple trés gentil qui nous a emmenés jusqu’au péage d’où nous avons pu nous placer et trouver en moins d’une heure un véhicule pour Kunming. A noter que les chinois font beaucoup de stop et que pour Kunming nous étions quelques 7 ou 8 personnes à tendre le pouce.

Ce recours limité à notre moyen de déplacement favori a pesé lourdement sur notre budget chinois, les transports représentant 50% du total. Les tarifs sont comparables à ceux des pays d’Europe occidentale, bien que le train soit nettement plus abordable et plus fiable que le bus. Cependant, n’oubliez pas de prévoir au minimum une heure pour la file d’attente lorsque vous allez acheter votre billet en gare.

En ce qui concerne l’alimentation, nous avons d’emblée considérer qu’elle représentait une bonne part de notre programme dans le pays, et n’avons absolument pas cherché à restreindre le budget, goûtant à peu de choses près toute préparation inconnue ayant croisé notre chemin ! Malgré cela, pas de panique, un repas au restaurant coûte une vingtaine de yuans, et pour une gourmandise à emporter, compter entre cinq et quinze yuans. Comme d’habitude quoi qu’il en soit, manger local c’est déjà maîtriser son budget !

On a même été hébergés spontanément par des gens dans une chambre ***** !
On a même été hébergés spontanément par des gens dans une chambre ***** !

Quant au logement, c’est extrêmement abordable en Chine (compter 80 yuans pour une chambre double ou 25-30 yuans pour une place en dortoir). Notre conseil : ne surtout pas hésiter à sortir des recommandations du Lonely Planet qui a une fâcheuse tendance à entasser tous les backpackers dans des auberges de jeunesse branchées qui vendent leurs pizzas à 50 yuans alors qu’une multitude de très bons petits hôtels sont disponibles à moindre prix. Ce qui évite aussi parfois, les soirs de fatigue, d’avoir à subir les conversations interminables sur le thème « people are sooooo wooooonderful here » « it’s so iiiiintense to find yourself in suuuuch a remote plaaace », etc.

* En conclusion

Notre passage en Chine, et particulièrement les Chinois que nous avons rencontrés, resteront comme une magnifique expérience de ce voyage. Pour des raisons indéterminées, dont quelques retours négatifs d’autres voyageurs, nous avions une image mitigée de la Chine qui a été balayée dés nos premières heures sur le territoire, et n’a cessé de s’améliorer au fur et à mesure.

Bien sûr cela n’empêche pas de poser un regard critique sur la situation dans le pays (conflit avec les Tibétains et les Ouyghours, censure généralisée, marchandisation extrême de tous les services touristiques, etc), voire de s’engager pour une cause ou une autre en évitant de venir s’en vanter devant un représentant de l’ordre. Cependant, force est de constater qu’en tant que touristes (occidentaux en l’occurrence), nous sommes très privilégiés, libres de nos mouvements et passons aisément à travers les restrictions. Éventuellement, un policier pourra venir montrer ses muscles si on prend malencontreusement un poste de police ou un autre point stratégique.

Un mois est une période bien trop courte pour visiter ce pays immense aux richesses culturelles et naturelles inépuisables, une vie ne suffirait certainement pas à en connaître les recoins… Nous avons déjà hâte d’y retourner !

En route pour le Viet Nam, dernière aventure de la TransAsiatique !
En route pour le Viet Nam, dernière aventure de la TransAsiatique !

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