Vietnam : entrée par le nord

Quelques heures de bus et nous voilà à la frontière Chine – Vietnam à Hekou. Seul souvenir de cette ville : ce spectacle hallucinant du cuistot qui fabrique les nouilles en sept secondes chrono sous nos yeux ébahis. Nous avons du en reprendre trois fois pour bien comprendre la technique bien sûr.

Le lendemain, formalités à la frontière expédiées en quelques minutes, dès 8 heures du matin nous sommes opérationnels côté vietnamien (nous ne sommes pas sortis de la ville, mais de l’autre côté de la Rivière Rouge elle s’appelle Lao Cai. Ici il fait (encore) plus chaud et plus humide qu’à Kunming, donc après avoir évité quelques arnaques de change et des malencontreuses “erreurs” de zéros des changeurs (1€ = 25 000 dongs, pas facile de s’y retrouver, mais quand même c’est dans nos cordes), on reprend de l’altitude : direction Sapa pour y passer 24h avant de retrouver Fabien le dimanche matin. Nous traversons des paysages magnifiques, rizières en terrasse, verdure dégoulinante et luxuriante, buffles qui traversent  la route…

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Sapa est une petite ville très touristiques et surtout connue pour être le point de départ de balade dans les campagnes et petits villages environnants. Nous retrouvons beaucoup de touristes occidentaux que nous avions un peu perdus depuis quelques mois. Ça ne nous manquait pas “I can’t believe my eyes, an Italian restaurant here?! Gotta try it” –_-‘ .

On en profite tout de même pour tourner dans la ville, son église coloniale, ses maisons coloniales, ses “shops” “The North Face” partout, son marché décevant mais aussi… ses escaliers, ses petites ruelles, ses repas et en-cas de rue (on goute un chausson de pâte de riz aux champignons enveloppé dans sa feuille de bananier), ses magasins de souvenirs fabriqués en direct,  son panorama exceptionnel sur la vallée de rizière et le mont Fansipan, point culminant du Vietnam (non on n’y est pas allés pour une fois, il est tout le temps dans les nuages celui-là !).

On ne tarde pas à se faire accoster par “des petites dames” (au sens propre du terme) en tenues traditionnelles qui veulent nous vendre des broderies artisanales ou des excursions dans les villages alentours.
Il faut dire qu’une bonne partie des marches du pays est peuplé de nombreuses ethnies (en l’occurrence Hmong, Dzai, Dzao… et en tout on dénombre 57 ethnies au Vietnam). Chacune parle sa propre langue (souvent pas apparentée au vietnamien), a ses propres croyances, coutumes, tenues. Ici l’entente est plutôt cordiale et dans la plupart des villages retrouve plusieurs ethnies.
Bref, nous faisons notre choix et voilà notre excursion planifiée : ce sera nuit chez l’habitant dans le village de Hau Thao, passage par Su Pan, Ta Van, Lao Chai…

 

Nous opérons le dimanche la jonction avec Fabien et nous rendons à Bac Ha et son marché plein de couleurs, d’odeurs, de bruits et de saveurs inconnus Sourire Nous admirons notamment les buffles en exposition (vivants, mieux vaut préciser), ainsi que les chiens (morts).
Fait remarquable : nous marchons plusieurs heures sous le soleil sur les petites routes alentours dans les montagnes couvertes de rizières, premier beau temps depuis trois semaines, c’est plaisant !

15_08_06 bac ha

Nous retournons à Sapa où nos guides nous attendent pour le trek de bonne heure et de bonne humeur mardi matin.
D’entrée de jeu nous nous sentons assez essoufflés… coup d’oeil sur la montre : c’est normal car avec leurs claquettes en plastique, leur panier dans le dos et leur chanvre à démêler, les Hmongs grimpent à plus de 15 mètres/minute sur ces sentiers changés en véritables toboggans d’argile où nous sommes bien en peine, tout en discutant tranquillement dans un super anglais des cultures de chanvre, de thé, d’indigo, de fleurs et bien sûr de riz que nous croisons en chemin.

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Tout attise la curiosité : les potirons qui poussent sur les toits pour éviter l’humidité, les églises en planches dans chaque hameau malgré une pratique catholique minoritaire, les écoles partout, gratuites de 5 à 17 ans sans parvenir à endiguer le travail des enfants, les plantations de bambou qui pousse de trois à quatre mètres par an, le système d’irrigation des rizières, le rôle des buffles qui coûtent chacun quarante millions de Dongs. Nous apprenons aussi que dans la société Hmong, on se marie vers dix-huit ans, on a généralement deux à quatre enfants. À notre grande surprise, chacun possède son carré de riz pour se nourrir et n’en fait pas commerce, soit une production d’environ 600 kilos/an pour une famille de quatre personnes.
La famille Hmong repose sur le principe de solidarité inter-générationnelle, et le dernier de la fratrie continuera à habiter la maison des parents dont il s’occupera lorsqu’ils ne pourront plus travailler.

15_09_08 riz

Pour la nuit, nous partageons les repas délicieux de Sôm, son mari, ses deux fils, avec les voisins. Nous nous installons ensuite sous la moustiquaire, sur une planche et une natte qui font très bien l’affaire. Le lendemain matin, après un réveil vers cinq heures au rythme des bêtes qui animent le village, nous assistons à une petite démonstration de tissage de chanvre teint à l’indigo avec le petit métier à tisser de la maison.
Le retour vers Sapa se fera sous le soleil, décidément quelle réussite avec la météo !
Nous sommes bien contents d’être restés fidèles à notre démarche d’écotourisme : ici l’argent que nous avons donné est utile aux travaux pour terminer la construction de la maison.

La suite de notre séjour au Vietnam se déroulera à Hanoï, rendez-vous au prochain épisode Sourire

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