Voyager au Kirghizstan

Petit par sa superficie, le pays n’en reste pas moins le paradis des grands espaces. En quelques heures de marshrukta et quelques centaines de Soms depuis Osh ou Bishkek, les principaux sites sont à portée de main ! De plus, le succès de l’autostop et la facilité de planter la tente en font la destination rêvée pour tout voyageur à la bourse légère ayant soif de liberté.

 

* Les 10 choses qui nous ont le plus marqués :

– le calme. Le pays est peu peuplé, et en-dehors des principales agglomérations, la population des plateaux essentiellement rurale vit l’été au rythme de l’alpage et d’une agriculture souvent vivrière employant des techniques manuelles (rassurez-vous, les machines agricoles soviétiques tout droit sorties des années 70 égaierons tout de même vos trajets routiers !). Combinez cela au silence glacé de la haute montagne et à l’utilisation généralisée du cheval, et vous obtenez une ambiance paisible…

 

Camille face à la quiétude des alpages kirghizes...
Camille face à la quiétude des alpages kirghizes…

 

– … qui disparaitra en un clin d’œil en parcourant le bazar ! Le Kirghizstan en possède aussi de très beaux (Osh particulièrement, mais aussi entre autres Karakol…), où c’est toujours un plaisir de flâner. L’acquisition d’un réchaud à essence à l’ancienne (pénurie de bonbonnes de gaz oblige) fut une occasion mémorable de visiter le secteur mécanique du bazar d’Osh !

– les yacks, car c’est une première pour nous, et un animal magnifique et un rêve de longue date (depuis la sortie du film Himalaya en fait). Les environs de Song-Kol et la vallée d’Alaï nous ont fourni la bête sur un plateau !

 

Chhhhht ! Ils sont en pleine conversation !
Chhhhht ! Ils sont en pleine conversation !

 

– les chevaux. Pendant que nous sommes dans les animaux, impossible de ne pas mentionner le meilleur ami du Kirghize, qui l’accompagne dans toutes ses tâches extérieures, le transporte (même en ville encore), le nourrit (la jument représente la majeure partie du cheptel de production laitière), est son compagnon de sport (voir l’épisode 4 de Sport’Trait d’Asie) et meurtrit les fesses des touristes (les nôtres n’ont pas échappé à la règle).

l’altitude moyenne du pays est de 2750 mètres, et ici le niveau de la mer sera souvent bien loin en-dessous de vos pieds… quelques surprises garanties en consultant l’altimètre au détour d’un col à 3200 mètres ou au fond d’une vallée à 3000 mètres ! Le tout dans de vertes prairies fleuries.

Lui, il n'est pas nourrit aux gaz d'échappement et au fast-food ;)
Lui, il n’est pas nourrit aux gaz d’échappement et au fast-food ;)

–  le contraste saisissant entre les Bishkekois, leurs vêtements à la mode européennes, leurs smartphones et d’ethnie russe en majorité, et les habitants des campagnes, arborant leurs vêtements “traditionnels” (bon, disons fonctionnels), maniant la faux et trayant leurs juments avec dextérité, les enfants montant l’âne dès 4 ou 5 ans.

 

 

– en parlant de traire les juments, le Kumis, lait fermenté légèrement alcoolisé, est très couru, et c’est un incontournable pour tout visiteur désireux de mieux comprendre le pays !

– la crème dégustée dans une yourte d’alpage…

– les edelweiss… jamais nous n’aurions pensé, avant de parcourir ce pays, pouvoir contempler des parterres d’edelweiss sur plusieurs centaines de mètres, constellant les immenses tourbières de dix mille étoiles duveteuses ! De manière générales, les montagnes kirghizes portent de nombreux marqueurs d’un biotope préservé.

– les chapeaux traditionnels. Une raison à part entière de venir voir par soi-même.

l’eau ! Grâce à ses montagnes, le pays en regorge sous toutes ses formes, ce qui en fait le coffre au trésor de l’Asie Centrale.

Ça donne envie d'être plus à l'aise et de se lancer au galop !
Ça donne envie d’être plus à l’aise et de se lancer au galop !

 

* La nourriture au Kirghizstan

Par rapport à l’Ouzbékistan, nous avons le plaisir de gouter quelques nouveautés :

– Le Kumis, boisson dégustée en apéritif (ou tout autre moment et motif, notamment lorsqu’il n’y a plus de vodka), lait de jument fermenté légèrement alcoolisé. Nous validons !

– le Sharma est une autre boisson bien plus nourrissante à base de thé, lait et blé en bouillie (enfin c’est ce qu’on a cru identifier). Il faut aimer.

– les pâtes de riz et leur sauce brune aux saveurs orientales font leur apparition (influence chinoise ?).

– le poisson est très répandu dans les petits Kafe en bord de rivière

– les préparations frites sont légions (avec un petit faible pour les peroshkis, ces beignets de pomme de terre présentés en galettes)

– Samsas, shashliks, langmans, mantis, restent les rois des bazars et des cartes de restaurants

– et toujours du bon pain et des fruits et légumes excellents en cette saison !

 

Parce qu'avant de dépenser des calories, il faut bien en accumuler un peu :)
Parce qu’avant de dépenser des calories, il faut bien en accumuler un peu :)

 

 *Le coût de la vie

- Hébergement : Dans les grandes agglomérations comme Osh ou Bishkek, les guest houses sont incontournables (bien que nous ayons tout de même testé sans soucis la nuit en tente dans un parc bishkekois). Les tarifs sont raisonnables en dortoirs et les établissements souvent agréables. Partout ailleurs, la taille des communes et l’environnement favorable font de la tente la reine des nuits kirghizes ! Sur une cinquantaine de nuits passées dans le pays, nous avons dormi près de 40 nuits en tente (ou en yourte) ! Au passage nous recommandons encore une fois l’excellente guest house “Riverside” à Karakol, où pour 150 soms la nuit nous plantions la tente dans l’agréable jardin avec accès aux sanitaires, salles de bain, cuisine, salon, salle à manger, la grande classe ! Petite ombre au tableau : le CouchSurfing est un exercice compliqué et nous n’avons pas eu de succès, peut-être parce que nous étions trois.

- Restauration : le bon plan, c’est le bazar, que ce soit pour acheter en détail (peroshki, samsas, fruits et légumes, pain…) ou pour les plats préparés (plov, pois chiches, soupes, pâtes de riz…), pour moins de 100 soms/personne on mange bien. Les stolovayas sont quasi absents à part à Bishkek, métropole russifiée. Le budget alimentation reste très maitrisé, les tarifs dans les Kafe permettent de manger pour 200 soms/personne (les langmans y sont rois !). Le tout étant accompagné de thé souvent gratuit.

-Déplacements : pas de trains au Kirghizstan, nous avons utilisé les marshruktas et bus (environ 1 som/kilomètre, soit un tarif très attractif), et aussi l’avion (en s’y prenant à l’avance, peut vous éviter la journée Bishkek-Osh pour pas trop cher, attention ne pas en abuser tout de même, il serait dommage de passer â côté de paysages magnifiques et des scènes d’alpage pittoresques en bord de route !). Mais bien sûr, l’autostop a toujours notre préférence, et dans ce pays, il faut en user sans modération ! Même à trois avec les gros sacs à dos, nous n’avons jamais attendu plus de 10-15 minutes (camions essentiellement, mais aussi véhicules particuliers, conducteurs alcoolisés ou non, et aussi un camion militaire russe avec le régiment à l’intérieur qui nous paye des sodas).

* L’écotourisme au Kirghizstan

Si vous préparez comme nous vos voyages à l’aide d’un guide type Lonely Planet, vous ne serez pas passés à côté de l’indécrottable CBT – Community-Based Tourism, présenté par THE agence d’éco-tourisme dans le pays. Et bien pour notre part (notre expérience en valant d’autres, vous trouverez certainement d’autres sons de cloche), nous repartirons du Kirghizstan avec une image bien ternie de cette organisme : cher, informations peu fiables (â plusieurs reprises : permis du pic Lénine, trek autour de Karakol…), bien que personnel sympa et offre développée.

Comme nous l’expliquons dans notre article dédié à l’éco-tourisme, nous avons eu recours à d’autres interlocuteurs (Jailoo à Song-Kol, Munduz à Osh pour le permis du Lénine, les gérants de la Osh guest house pour le taxi Osh-pic Lénine, le gérant de la Riverside guest house à Karakol pour les conseils de trek dans la région, et parfois nous n’avons pas hésité à nous arranger avec notre russe de vache espagnole avec les habitants pour acheter directement leurs services) qui se sont avérés bien plus efficaces.

Dans l’ensemble, le réseau d’éco-tourisme au Kirghizstan se montre d’une efficacité redoutable pour tous les goûts, et c’est une bonne surprise de constater qu’il ne perd rien de son intérêt à la fois pour les touristes et pour la population au fil des ans. À comparer avec les grosses agences de trek/ascension qui colonisent le pic Lénine (principale attraction du pays) et sont toutes tenues par des russes ou autres. Nous retiendrons avant tout que dans ce pays on ne reste pas sans aide, et nous remercions tous les Kirghizes qui nous ont aidés, hébergés, véhiculés, ou simplement montré leur intérêt et leur sympathie au cours de ces 7 semaines.

 

Sport traditionnel kirghize !
Sport traditionnel kirghize !

 

* Conclusion

Nul doute que le Kirghizstan restera comme une des plus belles expériences de la TransAsiatique : des paysages à couper le souffle, des gens accueillants, et beaucoup de nouvelles expériences ! Nous avons le sentiment d’avoir bien quadrillé ce petit pays et d’avoir partager un peu de la vie des villes, des villages et des alpages kirghizes. Malgré cela, avec un billet d’avion très abordable pour Bishkek, capitale soviétique non moins agréable avec sa verdure et les neiges de l’Ala-Archa en arrière-plan, c’est un pays où l’on a envie de retourner, et où les projets (alpinisme, ski de rando avec ou sans la pulka, vélo, etc) ne peuvent pas manquer !

 

Le Kirghizstan inspire...
Le Kirghizstan inspire…

 

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