Une semaine de stop chez les Tibétains partie 2 : du plateau à Shangri-La

De Tagong à Xiangcheng, peu de choses à dire sinon que le stop marche bien et que nous progressons à peu près au même rythme que les transports publics à travers des paysages sublimes, souvent au-dessus de 4000 mètres, avec leurs montagnes, leurs monastères/temples/gompas/stuppas bouddhistes, leurs yacks par milliers, leurs villages de tentes et leurs villages tout court. Au passage, le nombre de cyclo-touristes chinois et la densité des structures qui leurs sont dédiés nous ont ébahis : pas un hameau sans son “Bikers Inn”, “Bikers Rest”, “Welcome Bikers”…

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Nous passons la nuit vite fait à Litang, sans regret car la ville est considérablement enlaidie par les travaux de rénovation pharaoniques qui y sont réalisés. Les alentours valent certainement le coup (toujours les mêmes ingrédients), mais l’expiration de notre visa chinois approche et nous devons avancer. À peine le temps de lever la main que nous sommes déjà pris, et de village en village nous dépassons Xiangcheng sans nous y arrêter pour nous enfoncer les cheveux dans le vent dans la remorque d’une petite camionnette jusqu’au fond de la vallée que nous pensons être la route principale pour Shangri-La. Une vallée charmante avec ses cultures étagées et ses maisons tibétaines encore d’un style un peu différent.

Pas le pire endroit pour faire du stop... un village tibétain près de Litang.
Pas le pire endroit pour faire du stop… un village tibétain près de Litang.

C’est donc le cœur léger que nous débarquons à 16h30 dans l’improbable village de Ranwu, au fond. “Au fond” suffit à localiser ce village sur une carte. Toute autre explication serait superflue. Fond de vallée, fin de la route régulièrement entretenue, dernier village du Sichuan… et en trois heures d’attente nous voyons passer 12 véhicules au total, si l’on excepte une quinzaine de motos (chacune transportant déjà une famille entière, une cargaison de légumes et quelques animaux).
Heureusement nous avons pour compagnie un groupe de locaux, sympas dans la limite de notre capacité à faire passer un message en pseudo-chinois gesticulé. En tout cas nous assurons largement leur divertissement en cette fin de week-end. Nous nous fixons jusqu’à 19h30 avant de demander où nous pourrons planter la tente sans nous faire brouter les cheveux au milieu de la nuit.

Ne pas provoquer.
Ne pas provoquer.

C’est alors qu’à 19h27 , Di’Yi et Di’Aï s’arrêtent et nous voilà repartis dans la nuit tombante ! Cinquante-huit lacets, un déblaiement d’éboulis et le sentiment d’avoir fait un séjour dans une essoreuse à salade plus tard, nous parvenons à leur maison, qui s’avère être perchée au milieu de la forêt, isolée autant que possible ! Très sympas, ils nous proposent deux lits de camps dans une pièce vide, nous n’en demandons pas plus.

Le lendemain matin, l’absence totale de circulation nous permet de profiter de la rando superbe qu’offre cette piste pendant près de deux heures (heureusement, nous avions pensé à faire des provisions pour la veille au soir et la journée ! Ah, non.).
Le moral diminue peu à peu, lorsque le Sébastien Loeb de la Chine s’arrête avec son pick-up et nous emmène à bride abattue (sueurs froides garanties) à travers la montagne, de chaos en ornières, de flaques de boue en roches affleurantes. Ce sont donc plus de trois heures de trajet à un rythme effréné (on n’ose pas imaginer en camion) qui nous aurons été nécessaires pour rejoindre le premier village du Yunnan depuis le dernier du Sichuan, avec encore un col à plus de 4200 mètres et après plus de 100 kilomètres de piste défoncée.

On s’est clairement trompés, ce n’est pas celle-là, la route principale entre Xiangcheng et Shangri-La… mais on se sera bien marrés !

Un aperçu du village de Ranwu, au fond de la vallée de Xiangcheng
Un aperçu du village de Ranwu, au fond de la vallée de Xiangcheng

Après s’être séparés de Seb, un super pilote mais un pur danger public dans les épingles à cheveux une fois sur route bitumée, il nous faudra le reste de la journée pour atteindre Shangri-La (pourtant à seulement 70 kilomètres, mais bon, au passage on aura été pris par une moto-tricycle, objectif ultime s’il en est). Nous découvrons encore une nouvelle architecture tibétaine (pas besoin de description, vous aurez les photos !).

La soirée à Shangri-La, sa vieille ville (totalement refaite à neuf avec un aspect de parc d’attraction sauf pour une petite partie déserte derrière le temple), son plus grand moulin à prières du monde et sa gymnastique populaire quotidienne, s’est avérée fort sympathique.

Le lendemain matin, nous voici à nouveau au bord de la route, les Gorges du Saut du Tigre en ligne de mire… mais ceci est une autre histoire !

Au revoir les Tibétains, les yacks, les momos et les photos de lamas !

Tenues traditionnelles Bai à Shangri-La où les cultures se mélangent lors de la danse populaire du soir !
Tenues traditionnelles Bai à Shangri-La où les cultures se mélangent lors de la danse populaire du soir !

 

Retrouvez toutes les photos ici.

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