Une semaine de stop chez les Tibétains partie 1 : de Kangding au plateau

Chengdu, c’était sympa, mais les métropoles multi-millionnaires en gens et les buildings sur des kilomètres, c’est pas non plus notre passion. On s’empresse donc de sauter dans le bus pour rejoindre Kangding, “petite” ville (80 000 habitants, autant dire un village) engoncée dans sa vallée et également bien arrosée par la pluie, et par son impétueuse rivière de montagne. Il faut dire qu’avec 20 sommets à plus de 6000 mètres dans un rayon de 75 kilomètres, niveau montagne ils sont servis !

Nous voilà donc à nouveau perchés, et en fin de journée après deux petites balades autour de la ville, on se rend compte qu’on a fait plus de 1000 mètres de dénivelé positif en passant au-dessus de 3000 mètres d’altitude… on ne s’y habitue pas, mais ici c’est la base : les bouddhistes le font comme chemin de prière ! L’occasion aussi pour nous de retrouver un ou deux temples, quelques drapeaux de prières, des “momos” et de la “tsampa” dans l’assiette et un petit aperçu de hauts pâturages, avec, pour le moment, des chevaux.

Bref, nous voici de retour chez les Tibétains.

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On ne le voit pas sur la photo, mais Camille lévite.

 

On ne s’attarde pas trop dans cette ville qui commence à avoir un goût de déjà-vu après notre précédente escapade chez les adorateurs du Dalaï-Lama - c’est sûr qu’ils l’adorent, pas un Tibétain ne nous prendra en stop sans nous montrer sa collection de lamas qu’il sort de partout (pare-soleil, boîte à gant, affichés sur le plafond et le pare-brise de la cabine des camions, poche arrière du pantalon, etc).
Nous tendons le pouce à la sortie de Kangding avec le village de Tagong dans le viseur, même pas le temps de rejoindre un spot adéquat qu’un camion s’arrête déjà. Nous arrivons à Tagong après un trajet interminable (5h pour parcourir 90 kilomètres, ça restera dans les annales de la TransAsiatique, mais c’est passé vite grâce à la viande de yack séchée que les routiers ont partagé avec nous en échange de pain tibétain et de biscuits).

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Devant un monastère et sa pagode au toit doré, Tagong.

 

Heureusement Tagong répond à toutes nos attentes ! Un village pour une fois relativement préservé des tsunami de touristes chinois, puisque leurs bus s’y arrêtent environ entre 14 et 16h, le temps de prendre en photo 2 monastères et de prendre un thé au beurre de yack sous chapiteau. Nous avons la chance d’être logés chez l’habitant et profitons donc de l’intérieur richement décoré et coloré de ces grosses maisons en pierre (les crânes de yack peints faisant particulièrement forte impression).
Ici nous nous sentons très bien, entre les fleurs magnifiques dans les collines vertes (à 4000 mètres d’altitude, quoi de plus normal après tout), les monastères bouddhistes et leurs rites religieux populaires (nous sommes tombés par hasard sur un rassemblement hebdomadaire des habitants des alentours qui fabriquaient tous ensemble de l’infusion de fleurs et la transvasaient dans des grands baquets sur fond de litanie diffusée au haut-parleur, dans un décor magnifique à base de fleurs, de pommes, de bidons d’huile et de photos de lamas), et les motifs titanesques dessinés dans toutes la vallée sur les flancs de collines (ils représentent des mots du bouddhisme peints en blanc ou des formes géométriques colorées composées de drapeaux de prières).

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Lors d’un rituel bouddhiste dans un monastère de Tagong.

 

Encore une bonne journée de rando sous la pluie qui est maintenant notre meilleure pote, l’occasion de débuter l’entraînement dans notre nouvelle discipline de prédilection : la marche avec parapluie ! Petite surprise : là où nous nous attendions à trouver des tentes de bergers (ici elles sont faites de toile noire), nous tombons sur des hameaux en dur, avec ces maisons typiques de l’architecture tibétaine que nous découvrons ici et qui ne nous quitteront pas jusqu’à Shangri-La, avec des variations en fonction des vallées.

Le lendemain, nous achevons de nous imbiber d’eau grâce à une superbe sortie en direction de Xin Du Qiao (prononcer Chine Dou Tchiao, ou le Pont Neuf), allant de fresques en fresques dans les éboulis surplombant la rivière, de quoi égayer cette journée de grisaille de spectaculaires touches colorées !

Nous rejoignons finalement la route pour faire du stop après le franchissement épique d’une passerelle suspendue fermée par une grille, au grand étonnement de la vendeuse de pain postée au même endroit.
C’est ici que rentrent en scène nos alliés les plus précieux dans cette traversée du Sichuan tibétain vers le Yunnan : les touristes chinois. En apparence une sorte de machine à prendre des photos avec son iPhone 6 par la vitre de son 4×4 hummer chromé tout en communiquant par talkie-walkie avec les autres véhicules de la flotte et en faisant un arrêt commando à chaque aire identifiée “scenic spot” au bord de la route, le touriste chinois a en réalité un cœur en or lorsqu’il s’agit d’embarquer des étrangers pour un bout de chemin, voire même pour une visite entière. Néanmoins, les routiers tibétains, notamment celui qui transportait des yacks et avec qui nous avons passé pas moins de 8 cols entre 4200 et 4800 mètres (toujours dans des prés bien sûr) à la vitesse moyenne de 22 km/h, nous laisseront aussi un souvenir impérissable.

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Drapeaux de prière et fresques de Bouddha en folie au-dessus de la route de Tagong à Xin Du Qiao !

 

Retrouvez toutes les photos ici.

 


 

Quelques chiffres depuis Saint-Pétersbourg :

* Nombre de personnes nous ayant hébergés: 17
* Nombre de véhicules nous ayant pris en stop : 75
* Nombre de bols de riz ingurgités : 33
* Nombre de kilomètres parcourus : 23050
* Nombre de douche-pluie subies : 15
* Dénivelé positif effectué à pied : 20400 mètres

 

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