Terre tibétaine : premier contact

Arrivés à Lanzhou, nous nous empressons de chercher la gare routière pour fuir cette ville aux mesures une fois de plus démentes et rejoindre le “village” de Xiahé (Chiareu) qui compte près de 80 000 habitants. Nous sommes maintenant en terre tibétaine, qui est loin de se limiter à la province administrative du Tibet. L’attrait principal de cette ville est le monastère de Labrang qui abrite près de 1800 moines et constitue un passage incontournable pour les bouddhistes.

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Le chörten Gongtang et son toit d’or devant le quartier tibétain, Xiahé.

 

La particularité ici (comme dans malheureusement beaucoup d’autres endroits dans la région), c’est que même si nous sommes en territoire  tibétain, nous sentons l’omniprésence du gouvernement chinois qui s’efforce de dénaturer l’endroit avec un succès indéniable. Ici, le quartier tibétain et le quartier moderne chinois sont soigneusement séparés par un gros caniveau sale avec des barrières de chaque côté, une douve avec un pont unique défendu par un barrage policier. Cela nous laisse un sentiment étrange avec des disparités énormes entre tours lumineuses, banques, magasins de souvenirs, et ruelles de terre, maisons basses, absence d’éclairage public. De 10h00 à 18h00, les touristes (chinois dans leur immense majorité) sont envoyés côté tibétain en rangs organisés comme une armée au service de l’assimilation culturelle, ôtant toute dimension mystique à ce lieu originalement dédié au bouddhisme.

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Moulins de prière sur la kora autour du monastère, Xiahé.

 

On se demande comment les pratiquants supportent encore de parcourir la kora (faire le tour des lieux sacrés dans le sens des aiguilles d’une montre en actionnant les moulins de prières) et comment les moines peuvent poursuivre leurs activités quotidiennes au milieu de ces hordes en imperméables fluo qui dégainent leurs smartphones et appareils photo à la moindre alerte. Lorsque nous discutons avec les tibétains, le constat est sans appel :

Ici, la mentalité a bien changé depuis le développement touristique et les gens pensent beaucoup plus à l’argent, un point pour les Chinois !

Au passage, les 40 Yuans que l’on donne pour visiter le monastère nous ont paru gâchés car la “visite guidée” est complètement vide, et presque autant de sites sont accessibles sans ticket.

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Avec les vieux sages…

 

Au-delà de ça, ce premier contact avec les Tibétains et leur religion s’est avéré très intéressant et le lieu est exceptionnel par la beauté de ses temples et ses pagodes. La balade autour de la ville tibétaine sur le sentier de la grande kora, pittoresque avec ses guirlandes de drapeaux de prière (loungta) accrochés à des mâts et sa vue sur les deux parties de la ville. On a hâte de découvrir la suite !

 

Pour ce faire direction Langmusi, une bourgade de 3000 habitants qui a été très touristifiée ces dernières années ce qui fait elle aussi manque d’authenticité même si c’est dans une moindre mesure.

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L’activité physique fait aussi partie intégrante de l’emploi du temps des moines, Langmusi.

 

Elle comporte 2 monastères de taille modeste. Nous en visitons un, les petites ruelles sont charmantes et paraissent plus vivantes et habitées qu’à Labrang. Nous assistons à l’heure des cours pour les enfants moines qui s’empressent d’aller à l’école tout en jouant en route comme le ferait n’importe quel enfant. Ensuite en route pour les gorges de Namo, juste derrière le village engoncé dans la vallée. Ces gorges sont un milieu encore une fois  sacré avec des grottes. Très jolie balade dans un cadre magnifique.

En route vers Chengdu ! Partout nous voyons des yacks par centaines qui paissent tranquillement dans les nombreuses prairies logées à plus de 3000 m d’altitude. Les tentes des nomades tibétains fleurissent elles aussi ! Nous faisons escale à Songpan, ville historique Ming. Restaurée, elle parait flambant neuve ! Nous flânons et mangeons dans des petits stands de rue qui ne manquent pas d’être épicés.

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La rue médiévale dans le centre historique de Songpan.

 

Nous regagnons notre tente plantée un peu au-dessus de la ville. La nuit sera un peu agitée, en effet un yack qui vient ruminer pendant plus d’une heure à 2 mètres à côté de la tente, ça reste impressionnant !

Allez, nous voici au Sishuan désormais !

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