Entrer en Chine par le Kirghizstan

Épreuve n°1 : obtenir le visa à Bishkek

Trouver le consulat chinois : déjà pas une mince affaire, il faut prendre sur Mira Prospect une marshrukta qui continue en ligne droite plein sud (vers Kashka-Su par exemple, comme pour aller vers l’entrée du parc de l’Ala-Archa), ou le bus 8, et demander au conducteur qui demandera aux passagers qui appelleront un proche pour vous arrêter au bon endroit. L’ambassade chinoise est sournoisement dissimulée derrière son homologue russe (encore en travaux au moment de notre passage), à environ 200 mètres de l’avenue au milieu de terrains vagues et de villas qui seront peut-être finies un jour. Non ce n’est pas un centre d’essais nucléaires, c’est bien une ambassade.

Obtenir la liste des pièces nécessaires au dossier : vous entrez dans le consulat (au moment de notre passage, ouvert les mercredi et vendredi matins de 9h30 à 11h00) après une file d’attente “numérotée”, la liste étant tenue à tour de rôle par les personnes de la file qui parlent le plus fort, dans l’indifférence totale du personnel présent à l’intérieur de l’autre côté de la porte. Arriver une bonne heure avant ouverture. Rentrer, se faire alpaguer par quelques agences, récupérer leurs cartes de visite au cas où, s’adresser au guichet. On dit qu’on veut rentrer dans le pays par la route, résultat on doit fournir d’abord nos billets d’avion aller-retour (!).  Également à fournir, une invitation accréditée, un programme détaillé quotidien de notre séjour en Chine, les justificatifs de réservation pour chaque nuit passée sur le territoire, ainsi qu’un formulaire d’informations personnelles comportant une photo d’identité.

 

Sur la route d'Irkeshtam depuis Sary-Tash. Vallée d'Alaï.
Sur la route d’Irkeshtam depuis Sary-Tash. Vallée d’Alaï.

 

Compléter le dossier : après avoir résolu la traduction du formulaire (qui nous a été fourni en chinois), entamé la falsification des billets d’avion, débuté la rédaction d’un beau programme pour notre séjour et cherché quel site de réservation d’hôtels nous fournirait un remboursement à 100% si nous annulions une réservation, nous nous mettons à la recherche d’une agence qui nous ferait un bon prix pour la lettre d’invitation. À noter que le prix du visa lui-même varie beaucoup, il est de 100$ actuellement au Kirghizstan. Nous obtenons des propositions qui tournent entre 150 et 200$ pour transmettre notre dossier avec une lettre d’invitation au consulat… Lorsque finalement, au hasard de nos recherches de bureau en bureau, nous tombons sur une employée de l’agence XXXX qui nous fait l’ensemble du dossier, la prise de rendez-vous au consulat et le retrait du visa 7 jours plus tard dans leurs locaux pour 150$, il n’y plus qu’une photo d’identité à fournir et même cela est effectué sur-le-champs.

Le rendez-vous au consulat : nous nous rendons donc le mercredi suivant au consulat avec une représentante de l’agence (notez que ceci implique encore un passage par Bishkek…). Ce rendez-vous est une belle plaisanterie et est plié en 1 minute 30 chacun (selon notre dossier, nous passerons donc 15 jours à Kashgar et 15 jours à Urumqi, c’est d’un réalisme…). Bref tout se passe bien, le visa sera prêt comme prévu 7 jours plus tard à l’agence. Pendant ce temps, nos passeports originaux sont au consulat chinois, mais nous disposons d’un certificat fourni… par l’agence (!).

Conclusion sur le visa : tout est fait pour organiser un passage obligé par les agences, sauf à falsifier intégralement son dossier. Agences qui elles-mêmes fournissent des informations bidon au consulat… Nous nous en tirons plutôt bien par rapport à ce que d’autres voyageurs nous ont raconté. Au total la procédure nous aura retenu près d’un mois à portée de Bishkek, mais en passant directement par l’agence, c’est faisable en 10-12 jours et 3 passages par la capitale.

 

Au réveil, vue sur la chaîne montagneuse du Pamir Alaï !
Au réveil, vue sur la chaîne montagneuse du Pamir Alaï !

 

Épreuve n°2 : le passage de la frontière

Osh – Sary-Tash : ce trajet obligatoire pour rejoindre la frontière à Irkeshtam est bien desservi par des marshruktas, mais nous décidons tout de même de faire du stop depuis le village de Furkat en sortie d’Osh (marshrukta 160). En 10 minutes à peine nous voilà entassés dans la cabine d’un camion qui va à Kashgar ! Nous nous arrêterons tout de même le soir à Sary-Tash, dernière étape habitée avant la frontière. Nous trouvons rapidement un jardin accueillant pour notre tente, le thé en prime ! La petite épicerie roulote et le stolovaya (dernière maison sur la route d’Osh) du village nous fournissent notre pitance alors que nous décidons de rester une journée dans le village pour profiter des magnifiques perspectives sur la vallée de l’Alaï et ses montagnes grandioses (le temps y est moins nuageux que lors de notre dernier passage).

Sary-Tash – Irkeshtam : avant la tombée de la nuit nous repartons en stop (encore pris en moins de 10 minutes), et malgré un contrôle de police avec enregistrement de passeport intermédiaire, les 70 km sont bien vite avalés. Nous plantons les tentes derrière un joyeux imbroglio de camions stationnés et de roulotes abritant de petits magasins (biscuits, thé, mets frits et bien sûr bière et vodka, nous sommes bien toujours au Kirghizstan !).

 

"Bivouac" sexy au poste frontière d'Irkeshtam.
« Bivouac » sexy au poste frontière d’Irkeshtam.

 

Postes frontières : le lendemain matin nous pointons à la première heure au poste kirghize où le contrôle est rapide et sommaire. Un agent oblige les camions à prendre les voyageurs à pied jusqu’au premier poste chinois à 5 km de là. Là les choses deviennent plus sérieuses avec un passage du sac au rayons X et une fouille, cependant pas de curiosité pour le contenu de nos appareils (tablettes, appareils photo) en ce qui nous concerne. Nos passeports, toujours non tamponnés nous ont été pris et confiés à un chauffeur de taxi que nous sommes obligés de prendre pour 100 yuans/personne (c’est beaucoup) jusqu’au poste suivant situé à 110 km (ville d’Ulugbat). Celui-ci correspond à un contrôle douanier, nous passons rapidement.

Ulugbat – Kashgar : un bus semble exister (en tout cas des Kirghizes nous ont parlé de la gare routière), pour notre part notre taxi nous a refilés à un de ses collègues locaux pour 100 yuans la course, nous n’avons pas eu l’énergie de refuser. À 16h00 heure kirghize nous étions installés à Kashgar.

Conclusion sur le passage de frontière : il reste long, dans une ambiance de bout du monde, mais s’est avéré bien plus relax que prévu. Nous nous en tirons pour un trajet Osh – Kashgar à environ 20€/personne, à comparer avec les 285$/voiture proposés par la Osh GuestHouse, ou les 85$/personne du bus depuis Osh. Nous voici donc en territoire chinois, une page qui se tourne dans notre voyage ! Cependant, comme vous le verrez dans notre prochain article, en pays Ouyghour nous n’avons pas encore vraiment quitté l’Asie Centrale…

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