Voyager au Kazakhstan

Après 14 jours passés au Kazakhstan, nous avons eu un bel aperçu de la culture, de la vie quotidienne dans le pays. Du point de vue de la langue, nous avons continué à utiliser nos rudiments de russe. Quoiqu’il en soit, votre interlocuteur parle plus certainement russe que kazakh, même si les deux langues sont enseignées à l’école, car le russe est partagé par toutes les ethnies.

Le Kazakhstan constitue la transition parfaite entre la Russie et le reste de l’Asie Centrale. Ici on glisse sans s’en rendre compte d’une tradition à l’autre. À part ça, il fait chaud. Nous avons quitté Magnitogorsk par 5 degrés, pluie et vent pour débarquer 2 jours plus tard à Shymkent par 35 degrés sous un soleil de plomb. Ça calme : les polaires et coupes-vents se sont vite perdus dans les tréfonds du sac à dos.

 

* Les 10 choses qui nous ont le plus marqués :

– 1500 km de steppes plates et sèches. L’avantage de la route Aktiobe – Shymkent, c’est qu’on peut dormir pendant une dizaine d’heures sans rien rater du paysage !

– les stolovayas “cantines” existent aussi ici, comme en Russie ! Évidemment nous avons continué à en profiter à outrance, notamment celui du Zelyony Bazar à Almaty.

– en parlant de bazars, nous les retrouvons enfin ! C’est toujours un plaisir de s’engouffrer dans cette univers bouillonnant ou tout individu affublé d’un short et de lunettes de soleil deviendra la cible de toutes les sollicitations ! Si vous voulez un manche à balai, des cure-dents, vous peser, acheter un t-shirt aux couleurs du Kazakhstan (ou de la Russie, toujours), et repartir avec le petit sac de terreau en bonus, c’est “the place to be” ! On y trouve aussi et surtout d’excellents fruits et fruits secs, samsas, et souvent des bons plans car demander à une personne au bazar c’est toucher cent personnes du même coup.

– les rapaces. La réputation ornithologique du pays n’est pas usurpée, même pour les profanes que nous sommes ! Le premier animal caractéristique que nous avons vu (après quelques chameaux et dromadaires), est un aigle royal qui s’est posé sur le bord de l’autoroute et regardait paisiblement les véhicules passer…

Marmotte géante
Marmotte géante

 

– les montagnes… et leurs orages, car la configuration topographique du pays (basses steppes arides surchauffées qui s’arrêtent brutalement contre un relief abrupt culminant à 5000 m) y est très favorable. Durant les 12 jours où nous sommes restés dans ou à proximité du relief (Zailiysky Alatau, Sayram-Su, Aksu-Dzhabagly), nous avons été témoins de phénomènes de précipitations quotidiens importants, souvent orageux et ventés, parfois dès 15-16h, parfois plus tard dans la nuit.

 

Attendre que la pluie passe...
Attendre que la pluie passe…

 

– les montagnes… et leurs frontières, car systématiquement les principaux massifs sont situés aux confins du pays, ce qui rend leur exploration bien compliquée. On entend parler de permis spéciaux dont les délais d’obtention dépassent les 20 jours. Vous pouvez payer pour une modique somme les services d’un ranger dans les villages environnants, il vous fera éviter les zones interdites, mais du même coup la haute montagne vous fermera ses portes… Si vous parlez russe la meilleure solution restera sans doute de se rapprocher de la fédération kazakh d’alpinisme, dont nous reparlerons prochainement dans Sport’Trait d’Asie.

l’hospitalité dans les campagnes kazakhes : faire vos emplettes au bazar d’une petite ville comme Langer à côté de Shymkent vous permettra sans doute de faire de belles rencontres et vous trouverez votre bonheur pour la moitié des prix en vigueur dans les grandes villes. En faisant du stop, il arrive qu’un taxi qui passe par là vous prenne gratuitement (cependant n’oubliez pas de vous mettre clairement d’accord avec lui dès le départ). On nous a également proposé de nous héberger !

– l’ambiance “hautes steppes d’Asie Centrale” qu’on retrouve sur les contreforts des montagnes. Ainsi nous avons eu l’occasion de partager notre goûter avec un berger passablement alcoolisé dans sa yourte, après avoir assisté à des combats impressionnants de chevaux en rut.

– la verdure dans les villes. Sincèrement, c’est un sacré défi de vanter les intérêts d’une ville comme Almaty ou Shymkent. Chapeau aux guides de voyage qui y parviennent malgré tout. Nous retiendrons pour notre part la verdure luxuriante de ces villes (parcs très ombragés, nombreuses allées de grands arbres, nombreuses pièces d’eau…) qui en fait des endroits très agréables pour se balader.

 

Faune locale, verdure et touristes !
Faune locale, verdure et touristes !

 

la mer d’Aral, même si nous avons fait une croix sur nos projets d’aller la voir.  En passant à proximité sur la route fédérale au sud d’Aralsk, on ne peut pas manquer ces vastes cuvettes ou la terre nue est blanche de sel. On ne peut également s’empêcher en traversant le Syr-Daria, de s’étonner de la petite taille de cette rivière, autrefois un puissant fleuve. Les canaux qui irriguent la plaine adjacente, vestiges des mono-cultures de l’URSS et plus gros que le fleuve lui-même, apportent la réponse, mais les cultures ont disparu et l’eau se perd dans la friche. Apparemment le Kazakhstan s’engage pour sauver la mer d’Aral, puissant régulateur du climat régional.

 


 

* La nourriture au Kazakhstan

Au Kazakhstan, on ne s’est pas ennuyés non plus du côté de l’alimentation, même si beaucoup de spécialités sont partagés avec les russes (pielmenis, borsh, blinis, dvoreks, etc). C’est l’apparition des plats “orientaux” !

– les samsas sont venus nous dire bonjour, et comme nous sommes polis nous en avons engloutis quelques uns. Si la plupart des samsas “triangle” qu’on trouve un peu partout sont décevants (on cherche la garniture jusqu’à la dernière bouchée), nous recommandons particulièrement les samsas “tandri”, du nom du four où ils sont cuits, ce petit dôme en terre ouvert au-dessus où les pâtons garnis sont collés contre la paroi. Le tout relevé sans excès par de bonnes épices.

– les shasliks, nous sommes obligés de les mentionner tant les kazakhs en raffolent au point d’aller les déguster à 3000 m d’altitude pour être “tranquilles” (voir plus à ce sujet ici). Cela reste le plat convivial par excellence même à la maison. La viande est relevée principalement au cumin.

– nous avons également testé le besbarmak, plat typique du Kazakhstan issu de la tradition nomade du pays. Il s’agit de mouton bouilli pendant des heures, servi en gros morceaux avec l’équivalent d’un demi-oignon cru coupé en tranches. L’oignon a plus de goût que le reste, mais peu importe. On vous conseille de le commander dans un resto routier bien paumé plutôt que dans un “Кафе” trop propre pour être honnête en ville. Il faut savoir prendre des risques quand on voyage, et plus vous le dégusterez autour du topchan (table basse pausée sur une plateforme où chacun s’installe semi-couché sur son tapis avec un coussin) !

– dans ces régions fertiles et chaudes du sud, ce fut un plaisir d’adopter nos régime favori en voyage : le fameux pain – tomates ! Nous faisons donc connaissance avec le pain d’Asie centrale, rond et en son milieu, percé d’un motif en pointillés qui est la marque du boulanger. Très bon et croustillant, mais à manger frais absolument.

Une yourte en vue !
Une yourte en vue !

 

– quant aux fruits et légumes, on se souvient subitement qu’ils ont du goût, et on se demande bien ce qu’on mange dans nos supermarchés français…

– les produits laitiers ont une place de choix, l’Ayran (qu’on retrouve avec plaisir après l’avoir laissé en Turquie), et surtout le “Кефйр”, Kefir, sorte de yaourt nature liquide, sont à consommer sans modération.

– le tout étant excessivement gras : “baigner dans l’huile” est à comprendre au premier degré.

 


 

*Le coût de la vie

Hébergement : CouchSurfing nous a encore donné un sacré coup de pouce, à Shymkent et Almaty où nous avons passé 5 nuits. Nous devions passer beaucoup de nuits sous la tente dans la montagne, mais les difficultés que nous avons rencontrées ont limité nos ambitions à 3 nuits. Ajoutez à cela 2 nuits dans le camion qui nous a pris en stop, 2 nuits en bus, et 2 nuits d’hôtel (comme en Russie, pas d’hôtel à très bas prix, nous avons déboursé 4000 Tenge à Turkistan et 6000 à Almaty), et vous obtenez un budget d’hébergement plus que maitrisé !

Restauration : Il est possible de manger un repas complet au stolovaya, au resto routier ou dans un kafe d’une petite ville pour 1200-1500 Tenge à deux. De nombreux petits stands de nourritures vendent des samsas, du pain, de l’eau et des tomates, et à ce régime certes simple mais relativement complet vous ferez tomber votre budget repas à 300-400 Tenge par personne. Pour un resto à Almaty ou Shymkent, compter minimum 2500 Tenge à deux, mais vous atteindrez peut-être 4000 Tenge (évidemment en cas de mal du pays il est toujours possible de manger dans un établissement de style européen des plats européen pour un prix européen). Comme d’habitude, le fast-food reste le plus mauvais rapport qualité-prix.

Transport : les bus de nuit permettent de contourner 2 problèmes : l’immensité du pays et le prix des hôtels. Pour le prix d’une nuit à l’hôtel, vous faites 1000 bornes en bonus ! Les transports en commun constituent une excellente solution pour se déplacer (pour nous, de loin la meilleure) : pour un trajet en bus il faut compter environ 3-4 Tenge du kilomètre ! Les bus de ville ne sont pas chers non plus : 50 Tenge / trajet à Shymkent, 80 à Almaty, idem pour les marshruktas. Le taxi (cela peut être n’importe qui qui passe par là) reste tout de même minimum 10  fois plus cher. Vous aurez aussi la solution du taxi partagé (attention : les conducteurs n’ont pas hésité à essayer de nous faire croire qu’il n’existe aucun bus ou marshrukta pour la destination convoitée, même quand ceux-ci étaient dans notre champ de vision), qui revient à environ la moitié du prix d’un taxi.

Pour ce qui nous concerne, nous avons dépensé au Kazakhstan tout compris, en moyenne sur 14 jours, environ 2300 Tenge par jour et par personne, dont un peu plus de 40 % de nourriture et un peu moins de 30 % de transport (dont la moitié de bus de nuit).

 


 

* Le stop au Kazakhstan

Pour nous ce fut une expérience très concluante ! Seule la chaleur et le prix modique des bus pourraient dissuader de faire du stop dans le pays. Attention tout de même : étant donné que n’importe qui est un taxi potentiel, il convient de se mettre bien d’accord dès le départ avec le conducteur. Un petit “niet taksi, diengli nieto, kharasho ?” suffit amplement. Au Kazakhstan nous n’avons jamais été victimes de tentatives d’abus à partir du moment ou le prix (ou l’absence de prix) était clair dès le départ.

 

Pour conclure et donner notre avis, nous pensons qu’il est plus intéressant de visiter le Kazakhstan en passant de village en village par les biais des hautes steppes avec vue sur les montagnes, plutôt que de s’acharner à vouloir rentrer dans les hautes montagnes. L’hospitalité kazakh suffira à faire de votre séjour un séjour réussi !

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