Bison futé voit vert sur les routes ouzbèkes

 

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Troisième pays traversé par La Transasiatique, nous avons visité l’Ouzbékistan du 26 mai au 17 juin. Ce pays, grand comme la Suède environ, présente des paysages très variés, du désert à l’ouest à la haute montagne à l’est en passant par les vallées fertiles du Syr-Daria et de l’Amour-Daria. C’est en 4800 kilomètres et en une quinzaine d’étapes que nous l’avons parcourue.

L’idée de cette page est de vous faire partager les moyens de transports qui nous ont fait vivre l’Ouzbékistan.

Nous avons utilisé presque tous les moyens de transport terrestres possibles. Car, si notre volonté première était de privilégier l’auto-stop, force est de constater que cela n’est pas toujours possible ; le climat, la géographie, le climat politique et la culture nous ont souvent fait dériver vers d’autres moyens de transport.

Le train de nuit nous a permis d’effectuer de longs trajets, en profitant de la fraîcheur nocturne toute relative. Datant de l’époque soviétique, le réseau ferré quadrille une grande partie du pays et permet de rejoindre la majorité des grandes villes. Nous l’avons pris par exemple entre Tochkent et Ourgench, 1 100 kilomètres et presque 19 heures de trajet. Voyageant en troisième classe ou platskartny pour environ 18$, nous étions dans des compartiments couchettes ouverts mais tout de même, il faut l’avouer, assez confortables !

Le bus de longue distance entre Samarcande et Tochkent par exemple. Pas grand chose à dire, cela ressemble fortement à ce que nous connaissons en Europe.

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La marshroutka, petit bus avec une quinzaine de place assise qui relie les villes proches (environ 30km). On peut lui demander de s’arrêter n’importe où sur son trajet tant pour y monter que pour en descendre. De tarif modique, le seul inconvénient c’est qu’elle ne part que quand elle est pleine donc ça peut arriver qu’on attende une heure le temps qu’elle se remplisse ! On en trouve dans tous les pays de l’ancienne URSS.

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Le taxi collectif avec deux sortes de véhicule, la voiture et le Damas, tout petit minibus de 6 places de la marque Daewoo. Là, le tarif se négocie. Il est de prime abord plus cher que le bus ou la marshroutka ;  pourtant nous arrivons, et d’autant plus quand des Ouzbeks nous aident, à tirer les tarifs vers le bas et à atteindre des prix semblables à ceux des bus, soit 1km pour 200-250 Сум c’est à dire 0,05$. Une chose intéressante à noter est qu’on ne trouve que trois marques de voiture en Ouzbékistan : Lada, l’historique, Daewoo, la pratique et Chevrolet, la bling-bling. Car en Ouzbékistan, pour vendre une voiture, un constructeur doit la produire sur le territoire et ne peut l’importer et donc avoir l’accord du pouvoir karimovien.

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Ainsi, aujourd’hui, seules trois marques se partagent ce marché de presque 30 millions d’habitants. Ainsi c’est souvent en grosse berline blanche Chevrolet que tu traverseras des bouts d’Ouzbékistan à 130 km/h dans le désert !

 

 

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Enfin, notre mode de transport préféré, le stop, nous avons été pris par quelques camions et voitures, et nous n’attendons jamais trop longtemps avant que quelqu’un ne s’arrête. Reste à voir si il accepte de nous prendre gratuitement, « без платить » !
Car la difficulté du stop vient de là. En Ouzbékistan tout le monde peut faire taxi. Donc les gens s’arrêtent pour nous prendre mais s’attendent à être payé. La notion d’auto-stop est ici inconnue. D’autant plus que pour les Ouzbeks, les Француз, les Français devraient avoir les moyens de se payer un taxi sans soucis. Si bien que, quand nous débarquons quelque part, c’est une véritable meute de chauffeurs de taxi qui se jette sur nous. Si bien que, quand nous demandons notre chemin ou le point de départ de la marshroutka ou du bus, on nous répond taxi. Si bien que, quand un conducteur nous dépose dans une ville, il cherche toujours à nous trouver un taxi. Il nous arrive ainsi de nous retrouver dans des situations d’incompréhension mutuelle entre un Ouzbek heureux de nous avoir trouvé un taxi et nous qui le refusons. Mais bon on s’en sort au final toujours !

Enfin une dernière difficulté vient des contrôles de police sur la route en particulier en direction de la frontière afghane et de Termiz ou en direction de la vallée de Fergana. Les gens hésitent à nous prendre en stop quand un check point se trouve plus loin de peur de ne pouvoir justifier notre présence dans leur véhicule. Et si ils acceptent de nous prendre nous avons systématiquement droit à la question « Passeports ok ? ». D’ailleurs la question à poser est plus la pertinence de ces contrôles de police et de l’armée. Jusqu’à cinq en 100km avec à chaque fois présentation du passeport, relevé d’identité, petit interrogatoire. Et c’est souvent l’occasion de bien rire : quand le militaire te demande si tu es allemand, que tu lui dis « non français », qu’il prend ton passeport, note ton identité, que tu dois lui expliquer que « marrons » n’est pas ta ville de domicile mais la couleur de tes yeux, qu’il te dit que ton visa n’est pas bon car il regarde la mauvaise page et le visa d’un autre pays et qu’il finit par te rendre ton passeport en te demandant si tu es américain… Et tu y as passé plus d’un quart d’heure… Un brin exaspérant !

image6Voilà nous avons fait le tour de ceux qui ont fait nos 4 800 kilomètres ouzbeks. Ah si une dernière chose qui est particulière pour un Européen habitué à l’essence ou alors diesel. Les véhicules routiers circulent pour la plupart au gaz, méthane ou propane. Pas de fumée d’échappement, juste une petite odeur de gaz parfois. Et pour rassurer tout le monde, il faut préciser que le réservoir de gaz, qui se trouve dans le coffre ou sur le toit, semble bien solide !

Aller à très bientôt sur la route mais maintenant au Kirghizistan !

PS : Camille s’est même essayée au chameau !

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