Voyager en Russie

Après 28 jours passés en Russie, nous avons eu un bel aperçu de la culture, de la vie quotidienne dans le pays. Voici ce que l’on en retiendra !

 


*L’écriture cyrillique

En 2 ou 3 jours, sans entraînement préalable, nous étions capables de déchiffrer toutes les enseignes des magasins et les titres (en clair, tout ce qui écrit en lettre capitales). C’est bon à savoir car il y a beaucoup de mots partagés entre nos deux langues.

Par contre, autant dire qu’aujourd’hui, après 6 semaines d’immersion en pays russophones, nous serions toujours bien incapables de lire un message écrit à la main !


*Les 10 choses qui nous ont le plus marqués :

– pratiquer les routes russes, c’est comprendre l’expression “montagnes russes” ! Et pour cause un pays si vaste, avec des hivers si froids, et 400 km entre chaque ville, ça ne facilite pas l’entretien des chaussées. Sensations garanties !

– les stolovayas “cantines” où on mange un repas complet et équilibré pour 3€, soit moins cher qu’au Resto U en France… À bon entendeur…

– les datchas, ces maisons en bois souvent très finement décorées et très colorées nous ont beaucoup plu. Elles sont caractéristiques du paysage et peuvent former de véritables villages qui sont de par le fait  habités seulement une partie de l’année.

– le banya, dont nous avons pu voir 4 utilisations différentes :

  • dans une datcha, entre amis pendant plusieurs heures pour décompresser le week-end
  • le soir comme une simple douche quotidienne
  • en plein-air à côté du feu de camp, quelques pierres chaudes sous une bâche et un plongeon dans la rivière
  • en plein mois de janvier, comme tradition religieuse, on découpe un trou dans la glace qui recouvre le lac et on se plonge dedans (y compris les nouveaux-nés) afin de se protéger des maladies

– en parlant de religion, elle est très présente, on retrouve des icônes chrétiennes orthodoxes dans la plupart des habitations que nous avons fréquentées. À noter que depuis des siècles, les religions chrétienne et musulmane se côtoient en Russie, et les tensions qui existent à ce sujet en France sont un sujet d’étonnement régulièrement relayé par les médias.

– le froid. Ce n’est pas qu’une légende. Fin avril, les énormes congères qui jalonnent le paysage et les marécages gelés dans la taïga sont là pour nous rappeler qu’on ne se découvre pas d’un fil.

– les métros d’une qualité et esthétique indiscutables. À noter que les métros de Saint-Pertersbourg et Moscou sont enterrés de 100 mètres ! Vous prendrez certainement le plus long escalator de votre vie.

Joli métro
Joli métro

 

– les innombrables toits dorés (à la feuille d’or) des églises.

– “Davaï !” et “Normal !”

– les commémorations du 8 mai 1945 furent d’une ampleur impressionnante et touchent toute la société russe (l’occasion de rappeler encore une fois que la Russie est la nation qui a sacrifié le plus de soldats sur les champs de bataille de la seconde guerre mondiale, et que la guerre a été présente sur son sol suffisamment longtemps pour que les grands-parents se souviennent d’avoir fui, de passages de chars dans le jardin, etc). Dès notre arrivée en Russie, nous avons été frappés par la campagne 70 ЛЕТ ПОБЕДА, 70 ans de la Victoire, omniprésente (devantures de magasins, bannières, autocollants recouvrant les vitres des voitures, drapeaux, rubans orange et noir sur toutes les poitrines…) dont le logo est un char sur une médaille militaire. Certains de nos hôtes nous ont d’ailleurs dit déplorer cette débauche de marketing presque indécente. Nous avons pu assister à Magnitogorsk à la marée humaine venue, toutes générations confondues, déposer des montagnes d’œillets rouges au mémorial, après un défilé militaire.

 

Maison typique russe
Maison typique russe

 


*Les questions que l’on nous a le plus posées :

- Que pensent vos parents de votre voyage ?

– Quelle image de la Russie/de Poutine ont les français ?

– Le chômage en France ? Est-il vrai que grâce aux allocations, les gens peuvent vivre sans travail ?

– Vous ne travaillez pas en ce moment, comment faites-vous  pour l’argent ?

– Ets-vous mariés ? Une fois avoir répondu oui : Avez-vous des enfants ?  (oui dans notre sac à dos!)

– Vous aimez bien les USA/Obama?

 


*Les stars françaises en Russie

Voici les personnalités françaises qui ont été citées spontanément (approximativement classées par fréquences) :

Cinéma et chanson : Joe Dassin, Mireille Mathieu, Louis de Funès

Politique : Napoléon, De Gaulle, Sarkozy, Hollande (bien noter que Hollande = Mistral)

 


* La nourriture en Russie

C’est délicieux, et (très) nourrissant ! En 2 ou 3 semaines nous avons découvert une bonne partie des spécialités et des habitudes alimentaires russes à savoir :

- la pomme de terre est souvent la base du repas, elle est cultivée massivement dans les jardins des datchas (comme le reste)

– les pielmenis, sortes de raviolis fourrés à la viandes, à la pomme de terre, au fromage frais, à la confiture… Les congélateurs des supermarchés en sont remplis, inutile de préciser que les faits-maison sont incomparablement meilleurs

– le borsh, soupe avec de la viande, du chou, oignons, pomme de terre et betterave rouge, on prendra soin de rajouter une bonne cuiller de crème fraiche

– les soupes en général, avec viande et pomme de terre et tout ce qu’on veut d’autre en petit bouts, non-mixé

– les dvoreks, crêpes ou blinis fourrés à la viande ou au fromage blanc

– les ièlnikis petits gateaux fris qu’on mange au petit déjeuner avec de la confiture

– le goulash

– les shashliks, brochettes de toutes sorte de viandes grillées au feu de bois

– nous retrouvons aussi en nourriture à emporter beaucoup de chaussons fourrés au chou, à la viande ou encore à la pomme de terre

– le tout copieusement agrémenté d’un gros bouquet d’herbes aromatiques pour notre plus grand plaisir !

À noter que l’on boit beaucoup de thé, qui remplace l’eau lors des repas, une habitude peut-être due en partie à l’eau non-potable au robinet qu’il faut donc faire bouillir. Quoi de mieux pour accompagner le thé de l’après-midi (gouter), qu’une farandole de biscuits, “blinis”, “manniks” et autres petits gâteaux (souvent préparés par nos fantastiques hôtes eux-mêmes !) qui sont agrémentés de lait concentré (beaucoup), confiture et crème (beaucoup).

Pour les amateurs de poissons, il se vend entier partout au bord de la route, parfois à même le sol… une scène intrigante assez décalée dans ce pays.

 

Pelménis en devenir !
Pelménis en devenir !

 


*Le coût de la vie

Hébergement : nous avons eu recours deux fois à l’hôtel en Russie, pour des prix comparables à l’entrée de gamme en France, mais une prestation supérieure (2000 à 2500 roubles pour une chambre double). Il est donc préférable de se renseigner auprès des gens du coin et dénicher un plan plus intéressant (financièrement ou humainement). Pour nous, CouchSurfing s’est montré d’une efficacité redoutable tout au long de la Russie, avec 13 nuits. Nous avons également été hébergés 5 nuits par un ami à Moscou, 2 nuits par des gens rencontrés au hasard, 1 nuit dans un appartement loué pour 1000 roubles. Nous n’avons utilisé la tente que pour 4 nuits, lors de randonnées dans l’Oural.

Restauration : Comme souvent, si vous ne voulez pas engloutir votre budget dans la nourriture, changez vos habitudes ! Les denrées comme le fromage, la charcuterie ou la confiture, importées en grande majorité, sont très chères dans les supermarchés russes ! Quelques sandwiches fades préparés de cette manière vous coûteraient rapidement 500 roubles pour deux. A contrario, si vous partez à la recherche d’un stand de vente de nourriture préparée (chaussons de toutes sortes et pâtisseries, souvent très bons en-dehors des КАЧАПУРИ, katchapuri, souvent décevantes), ou d’un СТОЛОВАЯ (stolovay’), vous mangerez sur le pouce pour 150 roubles et un bon repas copieux pour 300 roubles (toujours pour deux). Si vous devez vraiment vous rabattre sur un supermarché pour faire des provisions, optez pour un régime à base de glucides (pain, boulgour et biscuits), agrémenté de yaourt au litre ou de lait concentré.

Transport : Le train relie la plupart des villes entre elles mais reste cher. L’avion est un moyen de transport très usité, à considérer sérieusement pour faire une très grande distance rapidement à l’intérieur du pays. Mais bien sûr, la reine des moyens de transport reste sans conteste la marshrukta ! Vous vous déplacerez généralement pour environ 2 roubles du kilomètre et, à la différence ses homologues turques, géorgiennes, arméniennes, etc, vous voyagerez assis selon des tarifs, des horaires et des arrêts fixes (bien se renseigner donc, souvent le billet s’achète avant d’accéder au véhicule, à la gare ou à un guichet qui peut lui-même être un bus). Dans la ville, un trajet en transports en commun (métro, tramway, marshrukta, bus) peut aller de 15 à 40 roubles. Pour un trajet urbain en taxi, restez sur vos gardes (préférez les taxis avec un compteur visible), vous ne devrez généralement pas dépenser plus de 200 roubles.

Jolie route !
Jolie route !

 

Pour ce qui nous concerne, nous avons dépensé en Russie tout compris, en moyenne sur 28 jours, moins de 700 roubles par jour et par personne, dont un peu moins de 40 % de nourriture et un peu plus de 25 % de transport.

 


* Le stop en Russie

Dans le “nord” de la Russie et aux alentours des grandes villes, nous déconseillons, beaucoup de poussière, beaucoup d’attente… Un système de minibus assez efficace peut faire hésiter (pas toujours appelés marshruktas ; avtobus voire même taksis étant des dénominations fréquentes, on peut s’y perdre). Toutefois, malgré les heures d’attentes, nous n’avons pas subi d’échec, nous avons fini par être pris même si c’était au dernier moment (c’est-à-dire, au bout de 4 heures lorsque nous quittions notre poste pour faire chemin vers la gare routière). Dans le sud, surtout lorsqu’on quitte la route fédérale, le stop marche très bien, et les gens y sont encore plus chaleureux ! Nous n’avons eu aucun problème avec les conducteurs (aucun tentative de demander de l’argent notamment).

En bref, un bilan comparable à ce que nous aurions pu obtenir en France, toutes proportions gardées. Tout de même plus de 1500 km effectués en stop, même si pour aller plus vite (Moscou – Ufa), pour éviter la pluie (Beloretsk – Magnitogorsk), ou pour passer la frontière kazakh (Magnitogorsk – Aktobe), nous avons utilisé le bus sous toutes ses formes sur près de 2000 km.

Stop dans le froid !
Stop dans le froid !

 

NB : Nous tenons à remercier Oksana de l’agence Russie Autrement qui nous a bien aidés pour l’obtention des visas et s’est montrée toujours disponible et très réactive pour répondre à nos questions.

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